Découvrez le chaos organisé des entrepôts Amazon

Après avoir visité le dernier datacenter d’Illiad, je vous propose une petite visite d’un entrepôt Amazon. En tant que plus gros commerçant électronique au monde, ce site que nous connaissons tous à besoin de place pour stocker les millions d’objets qui transitent chaque jour au sein de ses services.

La solution ? Des entrepôts gigantesques (au nombre de 8) placés de manière stratégique dans le monde, c’est-à-dire au plus près des principaux centres d’expéditions internationaux. S’étalant sur plus de 110 000m², ils sont au cœur de l’activité d’Amazon qui emploie en ces périodes de fêtes près de 65 000 personnes dans le monde. Le surnom de cette magnifique logistique ? Le « stockage chaotique » (chaotic storage)…

Le chaotic storage c’est quoi ? C’est la confusion organisée ! En fait, il s’agit d’un système de rayonnage que nous ne trouverons jamais dans nos supermarchés car il n’existe pas de section ou de zones permanentes où les objets seraient rangés de façon logique, par types. Par exemple, un livre peut très bien être rangé entre un téléviseur et un smartphone… Impossible de s’y retrouver pour un humain. Heureusement les machines sont là et c’est grâce au code barre unique attribué à chaque objet qui entre dans un entrepôt que tel ou tel produit est identifié. Ce code barre regroupe toutes les informations nécessaires à l’identification de votre bouquin, peut importe s’il est rangé à côté d’une casserole…

Chez Amazon, chaque étagère est aussi identifiée par un code barre, et chaque produit arrivant dans l’entrepôt et nécessitant une période de stockage est marqué lui aussi d’un code qui indique sur quel étagère il est stocké. Ainsi, la base de données qui gère un entrepôt sait si telle ou telle étagère est vide ou pas et comble ainsi les espaces vides de manière optimale !

Cette base de données (qui doit être du genre très sophistiquée) est par ailleurs la clé de voûte d’un tel endroit, et doit être bien chouchoutée par les ingénieurs d’Amazon…

Mais alors, quels sont les avantages à utiliser ce système et pas un système plus « supermarchés » ? Comment peut-on être gagnant en organisant le chaos ?

  • Premièrement, la flexibilité. Avec ce modèle géré par codes barres et BDD, le moindre espace vide est repéré et peut-être utilisé de façon optimale.
  • Deuxièmenent, la simplicité. Imaginez que vous commencez à bosser dans un endroit pareil. Combien de temps vous faudrait-il pour apprendre comment les produits sont organisés s’il étaient rangés comme au Carrefour du coin ? Ici, pas besoin de perdre de temps avec cela, c’est l’ordinateur qui gère tout. Tout ce que vous avez à faire est de trouver l’étagère où se trouve le produit indiqué sur votre écran…
  • Troisièmement, l’optimisation. Amazon gère des millions et des millions de commandes. Cela nécessite donc d’avoir un stock permanent des objets les plus vendus, et cela signifie aussi que chaque voyage effectué par un employé pour aller récupérer tel ou tel produit doit être optimisé. Comme la base de données évoquée précédemment sait où va tel ou tel objet dans le monde, dans quel commande, à quel expédition, elle peut calculer le meilleur trajet pour un employé chargé de la réalisation d’un commande. Impressionnant…

Néanmoins depuis qu’Amazon traite une très grande variété d’objet, tout ne peut pas rentrer dans ce système de rangement. En effet, certains article entrent et sortent d’un entrepôt de façon immédiate, d’autres nécessitent des espaces de stockages spécialisés (essayez de ranger un frigo sur une étagère…) comme pour les denrées périssables par exemple.

Dans ce système de stockage assez surprenant, une grande variété de produits se retrouvent donc les uns à côtés des autres. Ce rangement arbitraire apporte un autre avantage : il rend les confusions plus difficiles lors de la préparation d’un commande de la part des employés.

Ce doit être donc assez fascinant de mettre les pieds là-dedans. Par contre, je les plains le jour où la base de donnée tombera en panne car absolument tout repose là-dessus. Même si cela reste un philosophie simple, j’aurais toujours un peu de mal à dépendre entièrement d’une base de données…


Sources :

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