La viande de synthèse existe déjà…

Récemment en me promenant sur le net je suis tombé sur un article du Journal du Net dont le titre m’a un peu surpris : « La viande artificielle déjà dans les assiettes ».

C’est avec une grande surprise que j’ai découvert que la viande de poulet est déjà fabriquée de manière artificielle outre-Atlantique et que texture, couleur et surtout goût sont désormais reconstitués plus vrais que nature, allant même jusqu’à duper de grands journalistes gastronomiques ! Un article qui vaut le détour et qui fait froid dans le dos.

La viande de synthèse, qu’est-ce que c’est ?

Ni plus ni moins qu’un produit qui ressemble à de la viande, qui a le goût de la viande, l’odeur, les couleurs… Mais qui ne vient pas d’un animal ! Ce n’est plus de la science-fiction aux Etats-Unis car le marché de la viande artificielle pèse déjà plus d’un milliard de dollars et se compose de nombreux acteurs. Chacun ayant sa technique de réalisation.

La plus belle réussite (si j’ose dire) nous vient de la startup Beyond Meat qui, avec son poulet de synthèse, a réussi à duper un éminent journaliste gastonomique du New York Times qui a confondu le vrai et le faux poulet lors d’un test à l’aveugle ! Voyez plutôt…

Wrap au poulet de synthèse

Un poulet plus vrai que nature…

Comment c’est fabriqué et par qui ?

Les techniques je vous le disais sont assez variées et toutes à la pointe de la technologie.

Beyond Meat par exemple utilise pour son poulet une protéine réduite en poudre issue du soja avec laquelle il prépare une pâte liquide (après différents passages à différentes températures et pressions) chauffée, puis extrudée, puis refroidie.

Quorn, le britannique, utilise une mycoprotéine (protéine issue d’un champignon présent naturellement dans le sol, le Fusarium venenatum) qu’il fait fermenter grâce à un procédé semblable à celui de la bière, dit-il. Cet ingrédient serait déjà utilisé dans plus d’une centaine de plats.

A l’université de Maastricht, aux Pays-Bas, une équipe de chercheurs tente de créer de la viande artificielle in vitro, en utilisant des cellules souches de bovins qu’ils tentent de cultiver. Mais cette technique reste chère : 250 000€ le steak…

Enfin, Modern Meadow mise sur les techniques de l’impression 3D utilisées dans la médecine régénérative. Sauf qu’à la place de mettre de l’encre dans la cartouche, ils utilisent un mélange de cellules…

Les acteurs de ce marché en pleine expansion ne sont pas si jeunes : 1995 pour Quorn. Habituellement destinée aux consommateurs végétariens et végétaliens, la viande artificielle perce aujourd’hui auprès des autres consommateurs en s’immisçant dans de nombreux plats préparés : salades, sandwiches, wraps, brochettes… L’objectif de Beyond Meat est d’ailleurs très clair et pleinement assumé : atterrir non plus au rayon tofu mais bien au rayon viande des supermarchés. Et je ne vous parle pas des saucisses de blé vendues par milliers à la sortie du stade de baseball de Seattle par Field Roast.

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Je vous passe la section « chiffres » du dossier tellement c’est effarant. La viande artificielle attire de plus en plus d’investisseurs qui n’hésitent plus à sortir le carnet de chèques.

Quels sont les arguments de vente ?

Le principal argument de vente de la viande de synthèse est son respect pour la planète et les animaux.

D’ici 2060, nous serons 2 milliards de plus sur la planète, selon l’ONU. La demande de viande aura doublé d’ici 2050 et elle atteint déjà des sommets. Rendez-vous compte, 30% de la surface agricole mondiale est déjà réservée aux pâturages pour animaux. Animaux qui sont responsables de plus de 18% des émissions de gaz à effets de serre, mais aussi très gros consommateurs d’eau.

Selon une étude de l’université d’Oxford, la viande de laboratoire nécessiterait 82 à 96% moins d’eau et produirait 78 à 96% mois de gaz à effets de serre. Bonus, cette « viande » ne contient pas d’antibiotiques, dont 80% des animaux d’élevage sont drogués aux USA.

Enfin, considération plus morale, l’homme abattrait 1 600 mammifères et oiseaux chaque seconde pour se nourrir, selon la FAO.

Quels marchés ?

 

D’après mes recherches, ce type de viande serait largement répandue aux USA, et avec des taux de croissance à deux chiffres. En Europe, la viande artificielle est présente en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Norvège, en Suède ou encore en Grande-Bretagne. Je n’ai pas trouvé d’information sur le marché français… Mais il semblerait que la France reste très frileuse vis à vis de ce type de produit.

Conclusion

Après lecture de cet article du JDN, la question qui reste en suspens est : quid des qualités nutritionnelles d’un tel produit ? Retrouve-t-on les mêmes protéines et qualités dans de la viande de synthèse ?

De plus, cette technologie existe dans les supermarchés que depuis le début des années 2000. A-t-on suffisament de recul sur ces aliments et ses effets sur la santé de l’Homme pour la distribuer à grande échelle ?

Et vous q’en pensez-vous ? Achèteriez-vous de la viande artificielle si cela sortait dans l’année ?

Churchill déclarait en 1932 :

D’ici 50 ans, nous échapperons à l’absurdité d’élever un poulet entier pour en manger le blanc ou une aile, en produisant ces parties séparément.

Source : Le Journal du Net.

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