Ubuntu Server sur SSD : conseils et bonnes pratiques

Après avoir monté mon nouveau serveur, viens le choix de la distribution qui va subir mes futures expériences. Après mûre réflexion, mon choix se porte sur Ubuntu Server 12.04, qu’il va falloir que j’installe sur un SSD Intel 330 Series. Oui mais voilà, Linux comme Windows nécessite quelques manipulations afin d’allonger la durée de vie du SSD. Cet article reprend l’ensemble des optimisations que j’ai pu trouver sur le web afin d’en faire un condensé.

Avant de commencer, cet article n’a pas pour but de vous présenter la technologie Solid State Drive. Si vous ne savez pas ce que c’est, je vous recommande d’aller faire un tour sur Wikipédia car il y a un minimum de vocabulaire à connaître. Ce que nous pouvons néanmoins retenir c’est que c’est l’écriture de données répétée sur notre SSD qui va raccourcir la durée de vie de celui-ci.

C’était un vrai casse-tête sur les premiers SSD mais les fabricants bénéficient aujourd’hui d’une meilleure expérience et de nouveaux contrôleurs et algorithme ont fait leur apparition afin d’allonger la durée de vie de nos disque. C’est pourquoi nous pouvons nous permettre d’être aujourd’hui un peu plus souple.

Alignement des partitions

Pour faire simple, le contrôleur d’un SSD gère la mémoire par blocs, généralement de 1 Mio. Ces blocs permettent entre autres au contrôleur de gérer la suppression des données (plus de détails). Pour des raisons de performances, il est important d’aligner les partitions du disque avec les blocs, et on appelle ceci « l’alignement ».

Normalement sous Ubuntu, lors du formatage du disque, le SSD est détecté et l’alignement est automatiquement réalisé. Pour en être sûr, utilisez la commande suivante :

sudo fdisk -lu /dev/sda

Vous obtiendrez quelque chose du type

Disk /dev/sda: 60.0 GB, 60022480896 bytes
255 têtes, 63 secteurs/piste, 7297 cylindres, total 117231408 secteurs
Unités = secteurs de 1 * 512 = 512 octets
Taille de secteur (logique / physique) : 512 octets / 512 octets
taille d'E/S (minimale / optimale) : 512 octets / 512 octets
Identifiant de disque : -------------
 
Périphérique Amorce  Début        Fin      Blocs     Id  Système
/dev/sda1   *        XXXX   109133823    54565888   83  Linux

Où chaque début de partition (XXXX) est un multiple de 2048.

Le choix du système de fichier

Mon avis sur la question est très simple : pourquoi se prendre la tête là-dessus alors que les SSD récents intègrent désormais des algorithmes dits de Wear-leveling censés répartir l’usure des cellules afin d’allonger la durée de vie du SSD ?

Ext3 ou ext4 sont des systèmes de fichiers que nous pouvons utiliser sans crainte sur un SSD récent.

Minimiser les écritures sur le disque

Il reste quand même quelques opérations que nous pouvons réaliser afin de diminuer la quantité d’informations que Ubuntu va écrire sur le disque.

Désactiver noatime

Linux enregistre la date à chaque fois que que vous accédez à un fichier. Peu utile, nous pouvons désactiver cette option en éditant le fichier /etc/fstab pour y ajouter noatime à la bonne ligne, s’il n’y est pas déjà présent.

# / was on /dev/sda1 during installation
UUID=6ef3a4aa-e08c-4ac9-a0ac-cd8749dd02f6 / ext4 defaults,noatime,errors=remount-ro 0 1

Activer le TRIMing

Disponible pour ext4 depuis la version 2.6.33 du noyau Linux, la fonction TRIM n’est pas activée par défaut. Il suffit simplement d’ajouter l’option discard dans le fichier /etc/fstab pour l’activer.

# / was on /dev/sda1 during installation
UUID=6ef3a4aa-e08c-4ac9-a0ac-cd8749dd02f6 / ext4 defaults,noatime,<strong>discard</strong>,errors=remount-ro 0 1

Déplacer le dossier /tmp dans la RAM

Et oui le dossier /tmp n’est que temporaire et donc à l’origine de beaucoup d’écritures répétée. Comme je n’utilise pas GNOME (très consommateur de /tmp) ou de navigateur par exemple, je peux me permettre de déplacer mon dossier /tmp dans la RAM (à condition d’en avoir suffisament). Attention, ce dossier sera vidé à chaque fois que l’ordinateur sera éteint.

La commande magique, une ligne dans /etc/fstab

# Fichiers temporaires en RAM
tmpfs /tmp tmpfs defaults,size=1g 0 0

Désactiver le SWAP

Comme le SWAP est obligatoire à l’installation de nombreuses distributions, je propose de ne pas s’embêter et à créer une partition (pour faire plaisir à Ubuntu) mais à ne pas la monter au démarrage, tout simplement en commentant la ligne correspondante dans le fichier /etc/fstab. (Il suffit d’ajouter un « # » en début de ligne).

# swap was on /dev/sda5 during installation
# UUID=9115f2e6-71c6-4c63-b294-57f3b611aa89 none swap sw 0 0

Conclusion

Avec ceci, je pense que notre SSD devrait bien se porter dans les années à venir. Vous trouverez sur le net de nombreuses autres opérations à faire si vous le désirez mais sachez que les SSD récents gèrent de mieux en mieux leur usure. De nombreuses personnes sur les forums ou autres vous diront qu’il ne se sont pas embêtés, que leur machine tourne H24 depuis des années sans souci…

Personnellement je pense que le minimum à faire est ici et que le reste est superflu avec des SSD récents.

Après, mon SSD ne sert qu’à héberger le système. J’ai prévu de déplacer des dossier volumineux ou nécessitant beaucoup d’écritures comme /var/, /usr/ ou /home/ sur un disque-dur magnétique prévu pour. Je vous prépare des articles sur ces sujets ! D’ici là, amusez-vous bien !

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